
À l'origine, une réflexion sur l'avenir de la course au large
Derrière The Elements, il y a d'abord le parcours de Jean-Philippe Behm, ingénieur et architecte naval, passé par les écuries de course au large, les chantiers navals et les bureaux d'études, notamment autour de l'IMOCA Holcim-PRB.
En 2021, une question commence à s'imposer à lui : comment continuer à faire évoluer la course au large tout en réduisant son impact environnemental ?
Son travail sur l'analyse du cycle de vie des voiliers de course l'amène progressivement à une conviction : la réponse ne passe pas uniquement par les matériaux ou les procédés de construction.
Elle passe aussi par notre manière de concevoir les bateaux et la compétition.
Construire des voiliers capables de durer. Leur permettre de rester compétitifs plus longtemps. Éviter qu'une nouvelle génération rende trop rapidement la précédente obsolète sportivement.
En résumé : faire durer les bateaux autant que le plaisir de naviguer avec eux.
C'est de cette réflexion que naît en 2025 la Class IMER, puis The Elements, le championnat destiné à donner à cette philosophie un véritable terrain de jeu.

Deux catégories, une même philosophie : IMER et Yachtimer
The Elements s'articule autour de deux catégories : IMER et Yachtimer.
Elles répondent de manière différente à une même ambition : rendre la course au large plus accessible et plus durable, tout en valorisant la performance et les compétences des marins.
D'un côté, IMER réfléchit à la manière de concevoir les bateaux de demain.
De l'autre, Yachtimer offre un nouveau terrain de jeu à des bateaux qui existent déjà et qui ont encore beaucoup à raconter.
IMER : une classe, plusieurs bateaux
La Class IMER ne repose pas sur le principe de la monotypie, où tous les concurrents naviguent sur le même modèle.
Jean-Philippe Behm a choisi une approche différente : une jauge commune qui laisse aux architectes une véritable liberté de conception à l'intérieur d'un cadre défini.
Une sorte de « box rule » dans laquelle doivent entrer les différents projets : notamment 9,20 mètres de longueur, 3,42 mètres de largeur, 2,32 mètres de tirant d'eau et 15 mètres de tirant d'air.
À l'intérieur de ce cadre, plusieurs architectes ont pu imaginer leur propre réponse.
Cinq modèles constituent aujourd'hui les bateaux officiels du championnat :
Unan
B-Luga
MF30
Caouanne 30
MSea 30
Cinq bateaux différents, une même jauge et une philosophie commune : rechercher la performance tout en intégrant dès la conception les questions de durabilité, de longévité et de maîtrise des coûts.
L'objectif n'est donc pas simplement de créer une nouvelle classe de régate, mais aussi d'explorer une autre manière de concevoir les voiliers de course et leur durée de vie sportive.
Yachtimer : redonner vie aux légendes
Mais rendre la course au large plus accessible ne peut évidemment pas passer uniquement par la création de nouveaux bateaux.
Nos ports abritent déjà de nombreux voiliers qui ont marqué leur génération et qui restent d'excellentes machines à naviguer et à régater.
Sun Fast 3200, J/109, JPK 960, A31, Figaro 2, First 31.7…
Pourquoi faudrait-il nécessairement changer de bateau pour continuer à jouer ?
C'est tout le sens de la catégorie Yachtimer, celle dans laquelle SailToo participera à la régate test de septembre.
L'idée est simple : redonner un véritable terrain de compétition à ces bateaux et prolonger leur vie sportive.
Car un bateau ne cesse pas d'être un bon bateau simplement parce qu'un nouveau modèle est apparu sur le marché.
IMER agit donc dès la conception des futurs bateaux ; Yachtimer valorise ceux qui naviguent déjà.
Deux approches complémentaires d'une même idée : rendre la performance plus durable et la compétition plus accessible.
Et si votre principal adversaire était… votre propre routage ?
C'est probablement l'une des idées de The Elements qui nous a le plus séduits chez SailToo.
Plutôt que de faire reposer la compétition uniquement sur la comparaison entre les bateaux, chaque bateau va également courir contre son propre routage.
Les caractéristiques du voilier et les conditions météorologiques permettent d'établir une route et une performance théoriques.
À l'équipage ensuite d'exploiter au mieux le potentiel de son bateau.
La question devient alors passionnante :
jusqu'où sommes-nous capables d'emmener notre bateau par rapport à ce qu'il pouvait théoriquement réaliser ?
Lecture de la météo, choix de route, réglages, qualité des manœuvres, anticipation, capacité à maintenir la vitesse, gestion de la fatigue, décisions tactiques et cohésion de l'équipage reprennent toute leur importance.
Le bateau reste l'outil.
Le marin redevient le cœur de la performance.
12 et 13 septembre : un premier test grandeur nature
Avant le lancement du championnat, place à la mer !
The Elements donne rendez-vous aux premiers équipages les 12 et 13 septembre 2026 pour une régate test organisée en partenariat avec Flibuste.
Au programme : environ 100 milles nautiques, avec un départ de La Trinité-sur-Mer, un passage par les Glénan, une navigation en grande partie nocturne et une arrivée à Port-Louis, entre l'Écrevisse et la Citadelle.
Une distance suffisamment importante pour retrouver tous les ingrédients d'une véritable course au large : stratégie, météo, routage, réglages, manœuvres, gestion de la fatigue et navigation de nuit.
Cette première course permettra surtout de confronter le concept de The Elements à la réalité du terrain avant le lancement du championnat.
Flibuste, partenaire de cette première régate

Pour cette première, The Elements s'est associé à Flibuste, une jeune application qui partage cette volonté d'ouvrir davantage la voile.
Flibuste se présente comme une bourse aux équipiers nouvelle génération : elle permet de proposer ou de rejoindre une navigation, que l'on soit propriétaire d'un bateau ou simple équipier, débutant ou marin expérimenté.
L'objectif : faciliter la rencontre entre celles et ceux qui ont un bateau et cherchent des équipiers, et celles et ceux qui veulent simplement naviguer davantage.
Une approche collaborative et accessible qui trouve naturellement sa place aux côtés de The Elements pour cette première régate.
Et sur la ligne de départ, il y aura également un équipage SailToo.
La régate test n'est que la première étape
Cette course des 12 et 13 septembre constitue avant tout un premier rendez-vous.
La suite prendra la forme d'un véritable championnat The Elements, construit autour d'un principe de progression.
L'objectif : permettre aux bateaux et aux équipages de monter progressivement en puissance au fil de la saison, plutôt que de commencer immédiatement par les parcours les plus exigeants.
Mars à mai : trois régates préparatoires
Le championnat commencera au mois de mars avec trois premières régates préparatoires.
Des formats permettant aux équipages de prendre leurs marques, tester les réglages, améliorer l'organisation à bord et développer progressivement leurs techniques de navigation offshore.
Les distances et les difficultés augmenteront au fil des rendez-vous.
Du sprint préparatoire aux grandes étapes européennes, le championnat est conçu comme une progression.
Juin-juillet : le Tour d'Europe
Le championnat culminera ensuite en juin et juillet avec son épreuve phare : le Tour d'Europe.
Un parcours autour des îles Britanniques, organisé en plusieurs étapes, qui constituera le grand rendez-vous offshore de la saison.
Cette organisation permet également d'introduire une autre particularité intéressante de The Elements : le bateau est au cœur du championnat et l'équipage peut évoluer au fil des courses et des étapes.
Les marins peuvent donc se relayer.
Une manière de rendre une aventure de cette ampleur davantage compatible avec une activité professionnelle et une vie familiale, et donc de l'ouvrir à des amateurs de bon niveau qui ne peuvent pas consacrer une saison entière à la course au large.
Septembre-octobre : les régates finales
Après le Tour d'Europe, le championnat retrouvera des formats plus courts pour ses dernières épreuves en septembre et octobre.
Les équipages pourront alors capitaliser sur l'expérience acquise depuis le début de la saison et conclure le championnat.
Des premières régates préparatoires au Tour d'Europe puis aux épreuves finales, The Elements veut construire autant une progression sportive qu'une aventure humaine.
Le programme détaillé des régates reste susceptible d'être modifié par l'organisateur.
La mixité au cœur du projet
Autre dimension importante de The Elements : la mixité des équipages.
Le championnat veut faire de la présence des femmes et des hommes à bord une composante naturelle de la compétition et tendre vers un véritable équilibre.
Là encore, l'enjeu dépasse largement le règlement sportif.
Il s'agit d'ouvrir davantage la course au large, de multiplier les profils et les expériences, de transmettre les compétences et de permettre à de nouveaux marins de franchir le pas.
Une vision que nous partageons pleinement chez SailToo.

The Elements Club : prolonger l'aventure à terre
The Elements ne veut pas s'arrêter à la ligne d'arrivée.
Autour du championnat se construit également The Elements Club, un club d'affaires français et européen destiné à réunir dirigeants, entrepreneurs, partenaires et passionnés de la mer au fil des différentes escales.
Les rendez-vous du championnat pourront ainsi devenir autant d'occasions de créer des rencontres entre les acteurs économiques locaux et les membres du réseau : événements B2B, tables rondes et échanges autour du nautisme, de l'écoresponsabilité, de l'innovation ou encore du développement européen.
L'idée est cohérente avec l'ensemble du projet : utiliser la course et ses escales non seulement pour faire naviguer des bateaux, mais aussi pour faire se rencontrer des personnes, partager des expériences et faire émerger des projets.
Un championnat sur l'eau, mais aussi une communauté à terre.

Pourquoi SailToo sera au départ?
Si nous avons décidé d'engager un équipage SailToo sur cette première régate, ce n'est pas par hasard.
Depuis le début de notre aventure, nous défendons une plaisance plus accessible, plus collaborative et plus ouverte.
Une plaisance où les marins s'entraident.
Où les expériences et les compétences se partagent.
Où l'on peut rencontrer d'autres équipiers, progresser et vivre de nouvelles aventures.
Une voile dans laquelle la technologie aide les marins à mieux naviguer plutôt qu'elle ne se substitue à eux.
Et une voile qui continue à s'ouvrir à toutes et à tous.
Accessibilité, mixité, partage, valorisation des compétences des marins, communauté et volonté de prolonger la vie des bateaux : sur beaucoup de sujets, l'esprit de The Elements rencontre naturellement l'ADN de SailToo.
Alors plutôt que de simplement vous raconter ce nouveau championnat, nous avons décidé d'aller le découvrir de l'intérieur.
Rendez-vous sur la ligne de départ !
Les 12 et 13 septembre, notre équipage SailToo prendra donc le départ de La Trinité-sur-Mer dans la catégorie Yachtimer.
Devant nous : les Glénan, une nuit en mer, Port-Louis et une centaine de milles pour essayer d'emmener notre bateau au plus près de son potentiel.
Mais cette première régate sera surtout le point de départ d'une aventure beaucoup plus vaste.
Car derrière The Elements se cache finalement une question qui nous plaît beaucoup :
Et si, plutôt que de chercher constamment à savoir qui possède le meilleur bateau, la régate permettait aussi de révéler ce que chaque équipage est capable de faire avec le sien ?
Première réponse les 12 et 13 septembre.
Rendez-vous sur la ligne de départ ! ⛵
Site officiel The-element : https://the-elements.fr
Lire aussi :