Grand Pavois 2026 : des voiliers de légende au renouveau du refit

Grand Pavois 2026 : des voiliers de légende au renouveau du refit

À l'approche du Mille Sabords, revenons sur les instants, les rencontres et les initiatives qui nous ont marqués au Grand Pavois de La Rochelle. Entre voiliers de légende, innovations et nouvelles façons de concevoir la plaisance, cette édition nous a réservé quelques belles surprises. Mais une tendance a particulièrement retenu notre attention : le refit, ou l'art de donner une seconde vie aux bateaux. Une démarche qui prend progressivement sa place dans l'industrie nautique, avec des initiatives aussi intelligentes que passionnantes. À l'image de Kwal, qui présentait une réinterprétation pleine de bon sens d'une icône de la régate des années 1980 : le First Class 8. Avant de découvrir cette renaissance, embarquons pour une petite promenade dans les allées et sur les pontons du Grand Pavois !

À l'approche du Mille Sabords, revenons sur les instants, les rencontres et les initiatives qui nous ont marqués au Grand Pavois de La Rochelle. Entre voiliers de légende, innovations et nouvelles façons de concevoir la plaisance, cette édition nous a réservé quelques belles surprises. Mais une tendance a particulièrement retenu notre attention : le refit, ou l'art de donner une seconde vie aux bateaux. Une démarche qui prend progressivement sa place dans l'industrie nautique, avec des initiatives aussi intelligentes que passionnantes. À l'image de Kwal, qui présentait une réinterprétation pleine de bon sens d'une icône de la régate des années 1980 : le First Class 8. Avant de découvrir cette renaissance, embarquons pour une petite promenade dans les allées et sur les pontons du Grand Pavois !

1. Deux légendes, un même numéro : Pen Duick III et Charles Heidsieck III

Il fait partie des bateaux dont le nom suffit à réveiller les souvenirs des grandes courses au large. Cette année, deux voiliers emblématiques ont particulièrement attiré notre regard.

Pen Duick III : le génie d'Éric Tabarly

Dessiné par Éric Tabarly et construit en aluminium en 1967 aux chantiers de La Perrière, à Lorient, Pen Duick III est une véritable machine à gagner.

Avec ses 17,45 mètres de longueur et son gréement de goélette d'origine, il incarne l'audace technique de son époque.

1967 restera son année de gloire. Aux mains d'Éric Tabarly, il remporte notamment la Morgan Cup, la Gotland Race, la Channel Race et le Fastnet, avant de traverser la planète pour s'imposer en temps réel à la mythique Sydney-Hobart.

Petite anecdote : faute de vent, Pen Duick III avait dû mouiller pendant 45 minutes à seulement 40 milles de l'arrivée, terminant finalement deuxième en temps compensé !

Sa domination fut telle que les règles de jauge britanniques furent modifiées l'année suivante, pénalisant les goélettes.

Près de soixante ans plus tard, sa silhouette continue de fasciner. Et quel plaisir de retrouver sur les pontons un tel témoin de l'histoire de la voile !

Charles Heidsieck III : un autre géant de la course au large

Autre rencontre marquante : Charles Heidsieck III, le grand monocoque dessiné par Gilles Vaton et construit en 1980 aux chantiers Pouvreau.

Son fait d'armes le plus remarquable reste sa participation à la Whitbread 1981-1982, le tour du monde en équipage devenu depuis The Ocean Race.

Sous le commandement d'Alain Gabbay, il termine à une magnifique deuxième place du classement général, derrière le célèbre Flyer de Cornelius van Rietschoten.

Une performance impressionnante : après plusieurs mois autour du monde, les deux équipages ne sont séparés que d'un peu plus d'une journée en temps de course cumulé !

Charles Heidsieck III symbolise une époque de pionniers, où les navigateurs défiaient les océans avec des moyens de communication et de prévision météorologique bien éloignés de ceux dont nous disposons aujourd'hui.

Deux bateaux, deux histoires extraordinaires et un même plaisir : voir ces légendes toujours à flot !


2. Coup de cœur pour la marguerite RM : des voiliers qui ne ressemblent à aucun autre

Impossible de parcourir le Grand Pavois sans s'arrêter devant les voiliers RM.

Avec leurs coques à bouchains marqués, leurs couleurs audacieuses et leurs silhouettes immédiatement reconnaissables, les RM cultivent une personnalité à part dans le paysage nautique.

Cette année, le chantier présentait trois modèles :

Le RM 890, lancé en 2013, incarne l'esprit du petit croiseur sportif. Avec ses 8,90 mètres, il séduit les plaisanciers à la recherche d'un bateau vivant à la barre, aussi agréable en croisière côtière que pour des navigations plus ambitieuses.

Le RM 1080, apparu en 2024, représente une nouvelle génération de croiseurs rapides. Sa carène moderne, ses volumes intérieurs et sa luminosité en font un séduisant compromis entre performances et confort.

Le RM 1380, lancé en 2022, est le grand voyageur de la famille. Avec ses 14,40 mètres environ, il affiche clairement ses ambitions hauturières, privilégiant les longues navigations et la vie à bord.

La signature RM : le contreplaqué époxy

Contrairement à la majorité des voiliers de série construits en polyester, RM a fait du contreplaqué marine associé à l'époxy sa véritable signature.

Cette technique permet d'obtenir des structures rigides et relativement légères, tout en offrant des intérieurs particulièrement chaleureux.

Ajoutons à cela des carènes modernes et une volonté constante de privilégier le plaisir de naviguer.

L'histoire récente du chantier mérite également d'être soulignée. Après les difficultés de Fora Marine, la reprise de RM par Grand Large Yachting en 2020 a permis de préserver un savoir-faire original et de relancer la gamme.

Une belle renaissance industrielle qui rappelle combien les compétences des chantiers français méritent d'être préservées !


3. Le 3D Tender Reef 320 carbone : l'annexe qui donne envie de hisser les voiles !

Il y a des équipements devant lesquels on s'arrête presque par hasard… et qui finissent par retenir toute notre attention.

C'est le cas du Reef 320 carbone de 3D Tender.

Entièrement construite en fibre de carbone, cette annexe rigide de 3,20 mètres affiche un poids plume annoncé de 42 kg, tout en pouvant accueillir cinq personnes.

Sa coque rigide, sa protection périphérique en mousse EVA et sa capacité à recevoir un moteur hors-bord jusqu'à 15 chevaux en font déjà une annexe particulièrement polyvalente.

Mais son véritable atout est ailleurs : la Reef 320 est aussi un petit voilier !

Livrée avec un gréement complet comprenant mât, voile, dérive et safran, elle se transforme en un petit dériveur idéal pour explorer les criques, initier les enfants ou simplement retrouver le plaisir de naviguer sans moteur.

Pour les voyageurs au long cours, cette double vocation est séduisante : pourquoi embarquer plusieurs équipements quand une seule annexe peut remplir différents usages ?

Bien sûr, cette sophistication a un prix. Avec un tarif catalogue proche de 10 000 €, la Reef carbone ne s'adresse pas à toutes les bourses.

Mais quelle belle idée de transformer un équipement indispensable en véritable compagnon d'exploration !

4. Le refit : et si l'avenir du nautisme passait aussi par les bateaux d'hier ?

Pendant des décennies, l'industrie nautique a largement valorisé la nouveauté : nouvelles carènes, nouveaux équipements, nouvelles générations de bateaux.

Pourtant, sur nos pontons, des milliers de voiliers construits dans les années 1970, 1980 et 1990 disposent encore d'un potentiel considérable.

Leurs coques sont souvent solides, leurs qualités marines reconnues et leurs propriétaires profondément attachés à leur histoire.

Alors pourquoi systématiquement remplacer lorsqu'il est possible de transformer ?

Le refit, bien plus qu'une rénovation

Le refit consiste à remettre à niveau un bateau existant, parfois en profondeur, pour lui offrir une nouvelle vie.

Ses avantages sont nombreux : prolonger la durée de vie des bateaux, limiter la consommation de nouveaux matériaux, personnaliser les aménagements, préserver des carènes réputées et valoriser les savoir-faire des artisans du nautisme.

Une démarche qui s'inscrit naturellement dans une logique d'économie circulaire.

La France compte plus d'un million de navires de plaisance immatriculés en mer. Et selon l'APER, l'association chargée de la filière française de déconstruction, l'âge moyen des bateaux déconstruits atteint environ 42 ans.

Tous ne sont évidemment pas récupérables. Mais entre le neuf et la déconstruction, il existe une troisième voie : celle de la rénovation intelligente.

Même les grands constructeurs s'y mettent !

Signe que les mentalités évoluent, le Groupe Bénéteau développe désormais son programme NEO, initialement lancé chez Lagoon et étendu en 2026 aux marques Bénéteau et Jeanneau.

L'objectif : proposer des bateaux d'occasion entièrement reconditionnés selon les standards du constructeur.

Un marché au potentiel considérable puisque, selon le groupe, pour chaque bateau neuf vendu, trois à cinq bateaux d'occasion changent de mains.

Le refit n'est donc plus seulement l'affaire d'artisans passionnés. Il commence à devenir une véritable activité industrielle.

Mais certaines initiatives vont encore plus loin, en imaginant des transformations complètes et reproductibles de bateaux emblématiques.

C'est précisément ce qui nous a séduits chez Kwal.

Kwal 8 : une légende des années 80 retrouve une seconde jeunesse

Il y a des idées tellement évidentes qu'on se demande pourquoi personne n'y a pensé plus tôt !

Celle de Damien Ribadeau Dumas, fondateur en 2024 du chantier Flotte à Marans, près de La Rochelle, en fait assurément partie.

Son ambition ? Sauver de la déconstruction des voiliers de régate aux qualités marines reconnues pour les transformer en bateaux modernes, élégants et accessibles.

Pour développer sa marque Kwal, son choix s'est porté sur une véritable icône de la régate des années 1980 : le First Class 8 de Bénéteau.

Dessiné par les architectes Jean-Marie Finot et Jacques Fauroux, ce monotype de huit mètres, produit à près de 1 100 exemplaires, a marqué plusieurs générations de régatiers, notamment sur le Tour de France à la voile.

Un bateau rapide, vivant et robuste. Mais après quarante ans, son ergonomie et son confort méritaient quelques améliorations !

C'est précisément là que le projet Kwal prend tout son sens.

Plutôt que de repartir de zéro, le chantier conserve l'excellente carène d'origine tout en repensant les éléments qui avaient mal vieilli.

Le cockpit est entièrement redessiné, débarrassé de sa barre d'écoute de grand-voile encombrante. La poupe est ouverte pour faciliter l'accès à l'eau et accueillir une échelle de bain.

Les anciens rails de fargue en aluminium laissent place à d'élégantes finitions bois, tandis qu'une superbe barre franche en lamellé-collé apporte une touche de raffinement.

L'intérieur, autrefois spartiate, devient un espace simple mais accueillant, avec des couchages et la possibilité d'intégrer des rangements ou une petite cuisine.

Et pour compléter cette transformation, une motorisation électrique de 1 kW remplace le traditionnel moteur hors-bord.

Le résultat ? Un voilier de 8,5 mètres qui conserve ses qualités de régatier tout en devenant un séduisant dayboat, parfaitement adapté aux balades, aux sorties en famille et au cabotage.

L'essai publié dans Voile Magazine en mai 2026 confirme que la magie opère toujours sur l'eau : le bateau reste réactif, agréable à barrer et performant dans le petit temps.

Autre originalité : le chantier propose un refit standardisé et personnalisable, permettant de maîtriser les coûts tout en adaptant les finitions aux envies de chaque propriétaire.

Dans son essai, Voile Magazine annonçait un prix de départ de 24 000 € TTC, contre 32 000 € TTC pour le modèle testé. Des montants indicatifs qui illustrent l'intérêt économique de cette démarche face à certains dayboats neufs.

Mais au-delà de la réussite esthétique, c'est surtout la philosophie du projet qui nous séduit.

Pourquoi envoyer à la déconstruction une coque saine, dotée de qualités marines reconnues, alors qu'il est possible de lui offrir une nouvelle vie ?

Avec le Kwal 8, Damien Ribadeau Dumas démontre que le refit peut être bien plus qu'une restauration nostalgique : une façon intelligente de réinventer la plaisance sans systématiquement construire du neuf.

Un vrai coup de cœur SailToo !

5. Et si nous faisions naviguer plus longtemps nos bateaux ?

Ce Grand Pavois nous aura rappelé une chose essentielle : l'innovation nautique ne consiste pas uniquement à inventer de nouveaux bateaux.

Elle peut aussi prendre la forme d'un chantier qui renaît, d'un équipement qui multiplie les usages ou d'un voilier de quarante ans qui retrouve une nouvelle jeunesse.

Le refit a sans doute un bel avenir devant lui, à condition de proposer des solutions économiquement cohérentes, techniquement fiables et adaptées aux attentes des plaisanciers.

Car derrière chaque bateau délaissé sur son ponton se cache parfois une belle histoire qui ne demande qu'à continuer.

Chez SailToo, cette philosophie nous parle particulièrement. Faire vivre la plaisance, c'est aussi favoriser l'entraide, le partage d'expérience et la mise en relation avec les professionnels capables de donner vie à nos projets.

Prochaine escale : le Mille Sabords !

Après le Grand Pavois de La Rochelle, cap sur le Mille Sabords du Crouesty !

Retrouvez l'équipe SailToo au Village Nord 2, pour échanger autour de vos navigations, de vos projets et de notre application communautaire dédiée aux plaisanciers.

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